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Quitter l'enseignement ou la quadrature du cercle 2.0

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Comment pouvait-on imaginer il y a 30 ans vouloir quitter l'enseignement, quitter l'Éducation Nationale, fuir le plus beau métier du monde ? C'était tout bonnement inconcevable. Et pourtant, aujourd'hui, le mouvement est en marche et ne cesse de s'amplifier. Récit d'un voyageur (moi) qui a traversé puis accompli l'indicible, l'inconcevable : réussir sa reconversion professionnelle d'enseignant

Quelle idée saugrenue, voyons... Démissionner de l'Éducation Nationale, mais pour quoi faire ? Et la sécurité de l'emploi, le statut de fonctionnaire, les vacances, les quinze heures de travail hebdomadaires, etc. Vous en faites quoi, hein ? C'est vrai, il faut quand même être un peu maso, non, pour quitter un métier si difficilement acquis ? 

 

Oh, certains ont bien tenté l'aventure à l'époque, mais ils se comptaient sur les doigts d'une main et passaient pour des originaux. Aujourd'hui, même s'il n'y a pas vraiment de chiffre officiel de déperdition, le mouvement prend selon toute vraisemblance de l'ampleur. Il suffit de voir le nombre de blogs, de discussions sur les forums, les réseaux sociaux. Car il y a ceux qui s'en vont, et ceux qui voudraient bien partir mais qui restent, faute d'avoir le courage, les moyens, la force ou tout simplement la possibilité de réellement sauter le pas. Une chose est sûre : la désaffection est VRAIMENT significative. Pourquoi ? Je pense avoir un embryon d'idée.

 

Suffit de regarder le monstre. D'écouter discrètement. De sentir la merde. De toucher du doigt la masse putrescente. Et comme je l'ai fait pendant une bonne douzaine d'années, de goûter le fruit pourri jusqu'à l'indigestion. L'Éducation Nationale se casse la gueule, s'écroule sur elle-même, comme la plupart des monuments de nos sociétés obsolètes, modèles d'une époque révolue maintenus en place coûte que coûte par nos représentants (mais qui représentent-ils encore, au juste ?). Y en a-t-il encore que ça surprend ?

 

Et pourtant, comme toute institution schizophrène qui se respecte, elle attire autant qu'elle repousse. Son pouvoir d'attraction est toujours aussi puissant. Je vous rappelle que c'est la crise, merde. Il faut bien bouffer, trouver la sécurité un peu "facile" que ce monde incertain n'est pas en mesure de nous offrir. Et puis, dans l'inconscient collectif, devenir professeur reste un rêve, pour certains. Oui un rêve. Une vocation. Et pourtant...

 

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...Du rêve à la réalité, il n'y a parfois qu'un pas. Car s'il y a une chose qui a changé depuis trente ans, c'est bien ça. Avant, on ne partait pas, et aujourd'hui, un enseignant sur deux a dans l'idée de mettre les voiles. Étonnant ? Non ! Et les raisons sont nombreuses : ramassis d'élèves pourris gâtés et imbus de leur demi-personne, chiant sur le savoir (non mais allô !), défiant systématiquement l'autorité et rejetant la pédagogie quelle que soit la forme qu'elle prend, parents à côté de la plaque, élevant leur descendance inculte au rang de dieux personnifiés, persuadés que l'école va (et doit) jouer à leur place un rôle qu'ils ont abandonné par pure lâcheté. Et puis il y a l'institution, toujours coincée au 19è siècle, qui n'a pas su évoluer et accuse donc, en toute logique, 150 ans de retard. Enfin, le métier en lui-même, peu gratifiant, accompli dans des conditions de plus en plus difficiles, sans réelle possibilité d'évolution, donc répétitif et générateur de frustration (au mieux), de névroses, voire de maladies mentales après trop d'années d'exercice.  

 

Le tableau est certes sévère et simpliste, mais il correspond à une réalité que je pense pouvoir me permettre de dresser, en toute modestie. 

 

Car après douze ans de bons et loyaux services, j'ai sauté le pas, accompli la grande traversée, quitté le doux cocon, abandonné le plus beau métier du monde et par la même occasion le navire pour me jeter inconsciemment dans la reconversion professionnelle. Mais attention, pas n'importe laquelle, hein. La reconversion professionnelle d'enseignant. Et croyez-en mon expérience (ou pas), ce n'est pas la plus simple.

 

Changer de métier est une chose, quitter l'éducation en est une autre. Un putain de grand saut... Qui voudrait faire confiance à un boulet d'(ex-)enseignant habitué à se la couler douce pendant ses 4 mois de vacances annuels et à faire grève pour protéger ses avantages d'un autre temps ? Hein, franchement ? Les préjugés ont la vie dure. 

 

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Ce n'est pas pour me la raconter, mais pour se barrer, il faut avoir des couilles, une sacrée volonté et un brin de chance (car non, je ne fais pas d'illusion, à deux ou trois détails près, j'aurais tout aussi bien pu me planter). Et outre le processus en lui-même, déjà relativement compliqué, aller à l'encontre d'un certain nombre d'idées reçues. Le plus difficile, finalement, reste sans doute de subir de plein fouet l'incompréhension de ses proches qui ne l'avouent jamais vraiment mais se disent : "ça y est, cette fois-ci il a vraiment pété un câble", et essaient de vous convaincre que vous êtes en train de faire une immense connerie, peut-être même la plus belle de toute votre vie, etc. Quoi qu'il en soit, et avant toute chose, il convient de POSITIVER. Sans quoi, ce n'est même pas la peine d'y penser une seule seconde. 

 

Mais voilà, après avoir traversé toutes épreuves, j'ai réussi cette reconversion. 

 

Deux ans après, je peux affirmer avoir résolu cette putain de quadrature du cercle. Je ne suis plus instit', et je fais maintenant de la com'.

 

Comme quoi, tout est possible. 

 

Pour revivre l'aventure, le début de la boucle est ici...

 



14/01/2014
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